Les collectivités territoriales et la santé.

Les mois qui viennent vont voir se succéder les élections pour le renouvellement de différentes collectivités territoriales. Les campagnes électorales vont donc être l’occasion de parler de santé ! Enfin, on l’espère car bon nombre d’élus et de candidats vous répondront que la santé n’est pas une compétence des collectivités territoriales (ou de manière très limitée…). Le spécialiste de santé publique s’étonne, s’interroge voir s’agace un peu.  Certains élus ou candidats ajouteront que le contexte économique et/ou sociale n’est pas favorable et que, par conséquent, la santé n’est pas une priorité. Vision à court terme. Tristesse et désarroi.

Il est vrai que la Loi HPST ne nous a pas aidé rappelant le rôle central de l’État dans la politique de santé. Certes notre système de santé a été construit sur un modèle centralisé qui a du mal à faire sa révolution. Pourtant les collectivités territoriales (communes ou regroupements de communes, départements, régions), sont des lieux de proximité avec les populations. Or cette proximité permet d’inscrire les actions de santé publique dans cette proximité et de déterminer ainsi leur efficacité. Outre le contact direct avec des acteurs de proximités, les actions visant à améliorer la santé peuvent ainsi être adaptées à la culture locale, identifier la diversité des groupes, et prendre en compte l’environnement immédiat et certains déterminants de la santé.

Les collectivités territoriales sont donc, du point de vue de la santé publique, un échelon particulièrement efficient pour agir. « Pensez globalement, agir localement », en somme. La santé ne doit pas être ici appréhender comme une politique sectorielle supplémentaire mais comme une politique transversale. La santé doit être ici appréhendée au travers d’une définition globale et non pas uniquement comme l’accès aux soins ou comme quelques actions de prévention ou de sensibilisation, instrumentalisées le plus souvent, uniquement comme de simples actions de communication.

La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

La santé doit donc s’intégrer dans toutes les politiques menées par les collectivités territoriales en se posant en permanence de la qualité de vie des populations et la protection de la santé des personnes.

La santé ne peut pas être la compétence exclusive de l’État (même si c’est le cas juridiquement). Je ne peux imaginer que chaque responsable politique, élu ou candidat à une fonction dans une collectivité territoriale, n’ai pas l’intention d’agir pour l’intérêt général. Prendre en compte dans chaque décision la dimension santé et bien-être de la population, doit être une préoccupation des collectivités territoriales.

 

Je vous conseille donc vivement la lecture du numéro 82 d’ADSP (Actualité et dossier en santé publique).

Les collectivités territoriales sont au coeur de la question des territoires et de la santé. Les enjeux du partage et de la répartition des rôles, des compétences, de la gouvernance sont majeurs pour une politique de santé que l’on veut basée sur la contractualisation et la coordination. Ce dossier présente l’évolution des cadres juridiques, l’organisation et les nouveaux modes d’intervention des collectivités territoriales dans le champ de la santé publique.

 

 

 

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